Textes de Patrick Grégoire. Théâtre, contes, nouvelles, témoignages, récit de voyage, roman
En 2011, la mairie de Longvic m'a confié un travail d'écriture de témoignages sur la lecture à partir d'interviews auprès de lecteurs et non lecteurs. Voici trois témoignages...
La perplexe
J'ai une cousine qui achète des livres. Elle en achète, elle en achète, elle a des murs de livres ma cousine. Moi non. C'est drôle, hein ? Je ne lis pas beaucoup, moi. Je lis les magazines, le journal, mais pas les livres. Je ne peux pas m'habituer. J'ai toujours eu du mal à lire. J'accroche pas aux histoires. Si, par exemple, j'aime les livres, comment on va dire... un jour j'en ai lu, y a dix ans. C'était un enfant qui travaillait avec son père. C'était la vallée de quoi, je ne me souviens plus mais il travaillait avec son père sur des bateaux. Ça m'avait intéressé, j'avais accroché, je l'ai lu celui-là. Il a grandi, il a repris l'affaire, il a eu plein de problèmes, y avait quelque chose qui m'intéressait, qui m'accrochait, il s'était marié, il avait eu des enfants je crois que c'était dans la vallée du Rhône il avait un titre mais le titre... L'auteur pareil. Je l'avais acheté dans une librairie. Je ne me souviens plus du nom. Les livres sur l'histoire par exemple j'en lirais bien parce que j'aime bien l'histoire mais j'en achète pas. Alors j'en lis pas. Je pourrais aller à la médiathèque. Mais j'y vais pas. Je ne vais pas en ville non plus. Pourtant y a des fois, je m'ennuie, je lirais bien mais j'ai pas de livres. Alors je raye des mots. C'est un jeu. Faut rayer des mots. Je raye. Si quand même des fois le lis les gros titres des journaux. C'est que je ne vois plus bien clair. Faudrait que je me fasse opérer de la cataracte mais je viens déjà de me faire opérer de la jambe. Bon c'est vrai que l'opération de la jambe m'a pas rendu la vue mais se faire opérer tout le temps. Alors je regarde la télé, la télé, qu'on voie ou pas... Je suis allée à la médiathèque quand je pouvais marcher, mais je prenais des cd. Je voyais tous ces gros livres si longs à lire... Je crois que ça me rappelait trop l'école. J'étais pas une fortiche de l'école, alors les livres pour moi c'est un peu catastrophique. J'ai vraiment un mauvais souvenir. J'aurais voulu apprendre mais je ne pouvais pas. J'étais plutôt du genre artistique, je voulais faire les beaux arts mais on n'a pas voulu de moi. Y a des tas de choses que j'aurais voulu faire mais... C'est vrai que quand je prends un livre je repense à comment j'ai souffert à l'école. C'est vrai. Quand je vois trop de livres, je me sens à l'école, j'ai l'impression qu'on me dit d'apprendre. Il doit pourtant y avoir des bons livres, non ? Des fois j'entends qu'il y a un livre qui a été écrit par un tel ou un tel mais on peut pas les avoir ces livres-là dans les médiathèques, y a que des vieux livres. Non ? Ah bon. Ben dites donc j'aurais pas cru. J'ai découvert quelque chose. Mais j'ai pas l'attirance comme ma cousine. Mais elle c'est trop. Ça doit être un refuge. Avoir plein de livres comme ça dans la maison c'est comme si on habitait à l'école. Ça m'étouffe. Alors je m'instruis par moi-même. Par la télé, le journal, les informations. Et puis les mots rayés c'est pas toujours facile, quand on y pense c'est plus compliqué qu'un livre. Plus long aussi. Mais quand même je crois bien que si je trouve un livre qui me plaît je le lirai. Faut que j'aille à la médiathèque, mais depuis que j'ai été opérée j'ai une mauvaise circulation. Ça circule mal. Alors je circule plus. Vous n'en avez pas de livre, là ? Vous n'en vendez pas ? Qu'est-ce qu'il faut faire alors ? Pourtant quand j'étais une petite enfant je lisais, mais depuis l'école... Peut-être qu'il me faudrait un tout petit livre pour commencer. Un petit livre pour enfants. Des nouvelles ? Les nouvelles j'en lis dans le journal. Ah c’est pas les mêmes nouvelles ? Alors je vais peut-être essayer, tiens. Je vais aller à la médiathèque et puis demander des nouvelles. Avec des enfants dedans. Des histoires d'enfance. Ça me ramènerait à mon enfance. Ça me ferait resauter l'école en arrière. Mais sauter en arrière, à quatre-vingt-six ans, quand on circule plus...
L’épicurien
J'ai eu la chance ou la malchance, je ne sais pas comment je peux dire cela parce que selon les situations c'est l'un ou l'autre, d'avoir un grand-père instituteur. Avant cinq ans, je savais lire et écrire, et cela m'a beaucoup handicapé. Eh oui. Pourquoi ? Parce que je partais devant, la fleur au fusil. Je partais trop vite. Il fallait me freiner. On m'a tellement freiné que je me suis emmerdé alors j'ai tout arrêté, et j'ai eu beaucoup de mal à repartir. Pendant les vacances chez eux je lisais, je lisais, je lisais. Aucun interdit. À onze ans, j'ai lu mon premier Sherlock Holmes. Je n'avais pas d'autres cadeaux que des livres. Mon espace de vie, c'était la superbe bibliothèque de mon grand-père. Alors aujourd'hui, quand je viens à la médiathèque... Je pourrais passer ma vie ici. Je ne regarde pas un film comme « Le nom de la rose » pour son intrigue, non, c'est pour sa bibliothèque. J'aime aussi le livre en tant qu'objet. Surtout le livre de poche, pour son utilité. C'est un livre pas cher, qu'on peut emporter partout, qu'on peut marquer, écorner, salir. Et oublier. On fait un voyage en train, on finit le livre, on le laisse, quelqu'un va le trouver derrière nous et le lire. On transmet. Le même livre ensuite peut-être oublié dans une chambre d'hôtel. Il peut faire le tour du monde. Et peut-être que vingt ans plus tard vous pouvez le retrouver, avec les empreintes de centaines de doigts qui l'ont feuilleté, de centaines d'yeux qui l'ont lu. C'est un livre qui vit. Ça n'est pas un livre qui s'exhibe sur un rayon de bibliothèque en se disant j'ai été lu une fois ça suffit. Le livre de poche, ça se passe et repasse ça voyage et fait voyager. J'ai déjà pensé à lancer le mouvement des lecteurs qui laissent leur livre de poche à l'intention des lecteurs sans livre de poche. Chacun écrirait son nom sur le livre. Ou son mail. Quelle belle chaîne. J'ai essayé le livre électronique. Impossible. Ça n'a pas d'odeur pas d'histoire. Vous n'oublierez jamais un livre électronique dans le train. J'aime le livre qui a vécu. J'aime ce qui a vécu. Les traces. Comme j'aime le roman qui regorge de détails. L'auteur qui me décrit des ambiances. Qui me campe si bien un bistrot que j'entends le bruit des verres, que je sens… plus la cigarette malheureusement, mais le pastis, la sueur des clients, les cartes qui claquent sur la table. Zola. Voilà un auteur. Il y a des auteurs qui décrivent un personnage en trois ou quatre lignes. Après c'est à nous de faire tout le boulot. On n'est pas payé pour ça nous. Ça n'est pas que je sois fainéant mais j'aime bien qu'on m'emmène. Une bonne description me raconte l'histoire du personnage. C'est une histoire dans l'histoire. La description qu'on peut me faire d'une personne âgée par exemple... Sa vie est posée sur elle. L'auteur peut évoquer un accident de marteau qui s'est passé vingt-cinq ans avant à partir d'un doigt tordu. Il devient Sherlock Holmes. Un personnage qui rentre dans une maison, ça ne raconte rien. Mais si on parle du parc autour, du chant des oiseaux dans les arbres, des lézardes dans la maison, alors ça y est, j'y suis. Quand un livre me plaît, je dévore. Je peux me lever à cinq heures du matin, c'est le moment où on est le plus tranquille. Personne. Plus on se lève tôt et plus c'est bien. Dès qu'on entend le camion poubelle c'est foutu. Il passe vers six heures. Il annonce qu'il faut aller travailler. Ça veut dire que le matin je ne déjeune pas parce que si je prends mon petit déjeuner, avec la lecture en plus, ça sera tellement bien que je n'irai pas travailler. Un livre qui me plaît me donne envie de me casser une jambe pour rester avec lui. En ce moment par exemple je lis Luis Zaron, un auteur espagnol. Voilà un auteur qui a le sens du détail. J'ai pris toute la série. Quand il décrit un vieux théâtre abandonné, je sens les tissus moisis. J'entends les poutres qui craquent, les fauteuils qui grincent. C'est extraordinaire de se retrouver dans un endroit par la grâce des mots. Se retrouver dans un sous-marin comme le Nautilus sans quitter son fauteuil... « Voyage au centre de la terre », je l’ai lu ou vu vingt-cinq fois mais cela me fait toujours autant rêver. Je suis fasciné par cette capacité qu'ont des auteurs à prendre une photo d'un endroit et à nous le faire revivre. C'est de là que vient ma passion pour la bande dessinée. Un dessinateur qui parvient à rendre un château du Moyen Âge avec son donjon, sa cour, ces courtines, ses remparts, ses fossés, ses personnages, la vie à l'intérieur du château, ce dessinateur-là m'emmène. Il y a des dessins tellement beaux qu'on pourrait se passer de l'histoire. J'ai beaucoup plus de mal à être emmené par le cinéma. On nous impose trop les images. Un dessin est figé. C'est le dessinateur qui crée le mouvement. Nous, on l'interprète et on rêve. Celui qui dessine une charrette dont les essieux couinent va écrire sur son dessin couic couic, mais il n'y aura pas deux lecteurs qui entendront le même grincement. Et puis on va repérer que les essieux couinent. Alors que la même charrette dont les essieux vont couiner au cinéma, cela va paraître tellement normal que l'on ne va même pas le remarquer. Quand on lit un livre, on entend la bataille décrite. Au cinéma, on la voit. Ma période de travail préférée c'est les vacances parce que là... on peut prendre plus de livres, et comme j'ai trois cartes... Je suis un truand mais faut pas le dire. D'autant plus que j'ai la complicité des gens de la médiathèque. Dix livres par carte pendant les vacances. Il m'arrive de prendre une quarantaine de bd et de les rapporter une semaine plus tard. Le temps de lecture d'une bd, c'est une heure en moyenne. Quarante heures par semaine, c'est une façon de garder le rythme du boulot pendant les vacances. En plus, j'aime beaucoup relire parce que je trouve dans la relecture le plaisir que j'ai eu à lire la première fois. Je le lis, et je me dis « Ah oui quel plaisir j'avais pris à le lire, et c'est un nouveau plaisir. » J’en ai lu certains je ne sais pas combien de fois. Et puis il n'y a pas que le bouquin. Il y a l'autour. Je me souviens d'un livre que j'ai lu en été chez mes grands-parents, au frais sous l'escalier, et comme je me sentais bien. Je me souviens de livres que j'ai lus en camping quand les enfants s'étaient enfin endormis. Des livres qu'on commence tard le soir, à la fraîche, allongé dans un transat, jusqu'à l'extinction de la pile. Ces moments de pur bonheur qui s'ajoutent au plaisir de la lecture, c'est du triple Cheese burger spirituel. Retrouver l'instant. C'est de la madeleine de Proust. Si l'auteur m'emmène. Sinon. Je n'hésite jamais à classer. Sur dix livres que je commence, il y en a bien trois que je ne termine pas. Si l'auteur ne m'emmène pas, je ne vois pas pourquoi je m'obstinerais. Il n'a qu'à faire son métier. Je déteste aussi les livres bâclés. Le livre qui peut nous emmener, le traître, pendant un moment, et puis tout à coup, en un ou deux chapitres, terminé. Une véritable frustration. On remarque dans le cercle de lecteurs que beaucoup de livres souffrent de leur fin. Il y a trop d'auteurs qui désertent au milieu. Ça gâche tout. Comme si on était sur une barque, tranquille, et qu'on nous verse tout à coup. Je fais partie des gens qui s'enferment dans les toilettes pour lire. Dans les toilettes il y a une étagère. Des romans, le catalogue des trois suisses, Mickey, des horaires SNCF, des recettes de cuisine, y en a pour tous les goûts. Quel bel endroit de solitude. Parfois, il y a du bruit partout dans la maison, il ne reste plus que les toilettes. En vacances, c'est camping. Je m'adosse à un tronc d'arbre, une couverture sous les fesses, et c'est parti. Assis, pas couché. Et puis il y a les escaliers... Je suis un fana des escaliers. Si je faisais de la photo, je ne ferais que des photos d'escaliers. On n'est jamais aussi bien assis que dans un escalier. La taille des marches, dix-sept centimètres, c'est la taille idéale pour se caler. Je suis sûr qu’on a inventé l’escalier pour les lecteurs. L'escalier est un lieu de passage et d'élévation. Comme la lecture. J'adore lire dehors. Quand on prend un gîte pour les vacances, on emmène des piles de livres, ma femme et moi. Les gens disent « C'est pour vous retrouver en amoureux ». S'ils savaient. C'est vrai qu'on est ensemble. Chacun de notre côté. De temps en temps quand même il y a une parole : « Dès que tu as un moment, tu m’apportes à boire ? » Les deux meurent de soif parce que personne ne se lève. On mange, mais c'est secondaire. Casse croûte. On se gave autrement. D'ailleurs un bon livre de cuisine... Un auteur qui vous raconte les grandes cuisines d'antan, comment on y tuait le cochon, qui vous décrit en détail la fabrication du boudin, des jambons, des salaisons, des terrines, si cela ne vous donne pas faim... J'ai lu récemment un livre dans lequel un gamin pique une pomme pour son petit frère qui meurt de faim, et puis chemin faisant, sa pomme, elle est tellement belle qu'il la fait cuire, caraméliser, et il la déguste, et ça dure deux pages. Deux pages de peur de voleur, de salivations, d'odeurs, de plaisir de manger. Ah, un bon livre de cuisine. Le bruit des casseroles en cuivre... Les crépitements des feux. La description d'un plaisir partagé. C'est comme un morceau de bon pain avec un bon saucisson. Tout seul c'est bien, à deux c'est mieux même si on en mange moins. La lecture c'est pareil quand on la partage. En plus, on a du mal à expliquer. On voudrait tellement bien expliquer un livre qu'on a aimé pour convaincre les autres de le lire, mais pas facile de trouver les mots. Les mots des mots. La lecture c'est ce partage, mais pour bien partager il a fallu savoir être seul.
Les japonisées
1. J’ai treize ans.
2. Moi douze. On est cousines.
1. C’est ma cousine qui m’a fait découvrir les mangas.
2. J’ai toujours adoré les mangas.
1. Moi aussi. J’adore les histoires.
2. Moi aussi. J’adore les histoires et j’adore les dessins. Ils sont vraiment trop trop trop beaux. C’est mieux dessiné que les bd françaises.
1. Ah oui !
2. C’est précis et tout. Alors que les bd françaises c’est fait à la va vite entre guillemets.
1. Si le personnage a un jean froissé, y a des marques pour montrer qu’il est froissé, alors que sur la bd française y en a pas.
2. La tête elle est bien formée avec les yeux, le nez, la bouche.
1. Dans les mangas ils vont faire plein d’yeux différents alors que nous ils seraient tous pareils. Dans les mangas ils vont être différents mais pas trop différents.
2. Mais quand même c’est pas les mêmes que le voisin. C’est des détails ça, que quand on les lit on les voit.
1. Moi dès que je lis c’est pas comme si je les regardais un par un les dessins c’est comme si je regardais un dessin animé. Après je sais plus si je regarde un livre ou un dessin animé. Je suis tellement dedans que je vais très très vite alors je sais plus dans quoi je suis.
2. Moi aussi pareil on a tellement envie de savoir la suite. On a tout de suite envie d’être à la fin.
1. Alors qu’on vient de commencer.
2. Oui.
1. Ah ben oui.
2. C’est pour ça aussi que c’est petit ça a été fait pour tenir dans la poche.
1. Et puis y a pas de couleurs. Mais on les imagine c’est ça qui est bien.
2. Oui.
1. Y a des histoires qui font rêver on a envie d’y participer. D’être dedans.
2. Oui. En même temps y a des histoires de filles et des histoires de garçons.
1. Et des histoires d’adultes.
2. Pour les garçons ça va être plus de l’action.
1. Pour les filles ça va être plus de la romance. Des histoires avec des garçons quoi. Des problèmes quoi.
2. Mais à la fin ça s’arrange.
1. C’est pour ça aussi qu’on a envie d’arriver à la fin. Enfin des fois ça se finit pas toujours bien.
2. Et puis souvent y a pas de fin. Ça continue ça continue ça continue.
1. Là je suis en train de lire un manga, c’est une série, je lis le numéro cinquante-trois mais c’est que le début de l’histoire.
2. En fait ils sont malins parce que pour les faire vendre, l’histoire elle va se résoudre en vingt livres on va dire. Ou plus. Ça dépend.
1. Sauf quand c’est un one shoot avec une histoire dans un livre. Mais avec les séries on a à peine fini qu’on veut lire la suite, c’est ça le problème. Si j’ai pas la suite ça m’énerve. Mais faut toujours l’attendre.
2. On va penser à la suite penser à la suite et elle sera pas là.
1. heureusement y en a à la médiathèque et à l’école et on en achète y en a partout.
2. Si on trouve pas la suite, on en lit un autre. En attendant la suite de l’autre qu’on a lu avant.
1. Moi j’ai quinze ou vingt histoires commencées. Je suis obligée puisque je trouve jamais la suite que je veux. Mais heureusement même une histoire que j’ai arrêtée depuis longtemps je m’en rappelle quand je trouve la suite. J’ai une bonne mémoire pour les mangas mais pas pour les autres choses. Faut que j’aime pour avoir de la mémoire. Si j’aime je m’en rappelle, si j’aime pas j’ai pas de mémoire.
2. Si t’aimes pas ça rentre pas alors pas la peine d’insister. Et pis si t’aimes ça va rentrer tout seul. Mais quand même moi j’en ai moins des histoires. J’en ai peut-être que huit.
1. Quand on vient ici on prend les cartes de nos frères et sœurs. Là, j’ai quatre cartes. Comme ça je peux prendre vingt livres.
2. Moi c’est pareil. En fait mes frères et sœurs ils ne savent plus qu’ils ont une carte.
1. Hier j’en ai emprunté vingt et je les ai finis et aujourd’hui je suis revenue en emprunter vingt.
2. Moi non je lis moins vite. Il me faut deux jours.
1. Des fois quand même on peut pas en prendre vingt à cause des cours. Ça prend du temps ça.
2. En fait ce qui prend plus de temps dans la lecture de mangas c’est de regarder les images.
1. Faut bien les regarder pour voir les jeans froissés.
2. Comme ça on peut s’imaginer qu’on est devant la télé. Une fois j’ai eu l’impression d’avoir vu l’histoire à la télé. En fait je l’avais lue. Quand on lit un roman, on sait qu’on l’a pas regardé à la télé. Un roman, ça manque de dessins.
1. Je commence à lire des mangas de garçons parce que les mangas de filles je les ai tous lus.
2. Moi je lis moins vite alors j’en ai encore mais dans un an…
1. Heureusement, il en sort toutes les semaines et même si on lit deux cent cinquante volumes on n’est pas au bout de l’histoire et si on est au bout de l’histoire au bout de mettons cinq cents volumes y a tout de suite une autre histoire qui commence mais à la médiathèque ils ont pas tout.
2. heureusement on a découvert des sites de mangas alors quand on n’en a plus ici on va sur le site.
1. Parce que y a des histoires qui ne se terminent jamais
2. Comme Narouto. Vous connaissez pas ?
1. Il connaît pas Narouto. Vous connaissez pas Narouto ?
2. C’est sorti en dessin animé. Et puis après en manga.
1. Et en bande dessinée.
2. C’est aussi en film. Sans rire, vous connaissez pas ?
1. Au Japon, tout le monde connaît. Tout le monde lit ça. C’est pour ça j’ai trop envie de partir au Japon. Quand je serai grande je partirai au Japon.
2. Les gens là-bas ils sont carrément en manga. Ils sortent comme ça dans la rue en personnage.
1. A Longvic y a un festival de bande dessinée mais y a pas de manga c’est nul. Un monde sans manga c’est un monde où on n’a rien à faire, trop triste.
2. Au Japon ils sont dans la rue ils ont des cheveux roses, violets, mais moi je préfère lire les mangas sans couleur. On voit trop les couleurs quand c’est en noir et blanc
1. Mais des fois on n est pas d’accord on voit pas la même couleur.
2. C’est l’imagination, ça.
1. Des fois on se dispute.
2. En plus y a des filles elles changent de couleur de cheveux sans arrêt. On le voit parce que c’est pas le même noir clair. Mais bon je pourrais jamais regarder un film en noir et blanc.
1. C’est un truc de vieux ça. Dès que c’est en noir et blanc je me dis purée c’est trop trop vieux
2. Même si c’est une série que j’aime trop si c’est en noir et blanc je pourrai pas la regarder.
1. Je peux pas imaginer les couleurs dans les films. Des fois on regarde un film en noir et blanc c’est bien. Mais j’aime pas. J’ai pas envie de regarder. D’écouter, oui, mais pas de regarder.
2. C’est comme les mangas c’est en noir et blanc mais la couverture elle est en couleurs. Toujours. Ça serait pas possible qu’elle soit en noir et blanc.
1. Ah non, on n’aimerait pas ça. La couverture faut qu’elle soit en couleurs. Avec tout le reste en noir et blanc
2. Sinon ça serait pas du manga.
1. Et si c’est pas du manga…
2. Ah ben oui si c’est pas du manga… En même temps faut dire aussi quand même qu’il y a un moment manga, un moment pour le reste.
Vous voulez la suite ? C'est pas possible